Limites de l’aménagement

Deux objets finement tramés, menuisés. Un parallélépipède parfait à l’avant, un ensemble de surfaces gauches à l’arrière. Travail d’orfèvrerie des panneaux de verre et d’aluminium sérigraphiés, enchâssés dans la charpente métallique ; calepinage au millimètre des cassettes d’acier déployé. La transparence et les reflets des matériaux créent un continuum physique entre le dedans et le dehors, le ciel et l’enveloppe, tandis que les perforations et motifs pointillistes mitent la matière, transforment les aplats en brouillard, laissent la brise infuser dans l’espace. À l’intérieur, les voitures sont disposées sur les dalles avec autant de minutie que des bibelots dans une vitrine. On pourrait presque ouvrir la façade en actionnant un mécanisme secret et, entre le pouce et l’index, saisir chaque voiture miniature.

Et c’est cette technicité arachnéenne qui domine désormais les épais murs croulants de l’ancien entrepôt, vestige du Magasin des vivres de la Marine de la fin du xviiie siècle. Fi des anciennes notions de masse, de percement, l’appareil, la stéréotomie et le tellurique. Le poché est remplacé par la peau, une architecture de trame et de moirage, de mouvement et d’évanescence…

Assiste-t-on à une nouvelle querelle des Anciens et des Modernes ? Le DTU enterrera-t-il le savoir-faire du tailleur ? Faux débat. Nous oscillons toujours entre l’essence de la matière et sa mise en oeuvre.

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